jeudi 31 décembre 2009

Pom pom pidou.

par eliott.

Voilà, il est presque 2h du matin, c'est l'heure à laquelle je me couche tous les soirs depuis une semaine, perdant mon temps pendant une heure ou deux devant mon ordinateur, attendant peut être une surprise, un appel, un oiseau devant ma fenêtre, qu'importe. Je viens de comprendre ce que voulait dire le "1 au total". Je m'explique. Mais d'abord, il faut savoir qu'après ces quelques mots, vous me prendrez pour un imbécile fini, vous auriez tort, mais pas pour les raisons que vous croyez. Bref. Il y a, quand on arrive sur la page d'accueil de ce blog, et cela aucun de vous lecteurs ne pourra jamais y accéder, c'est un endroit privilegié, celui des artistes et des écriveurs de nuit, il y a donc écrit en bien gros : GERER CE BLOG. Et à côté de ces écritures primitives, que vois je, mais oui mais c'est bien sûr, entre parenthèse : 1 au total. Qu'est ce que ça veut dire ? Ah, je viens de me rendre compte de la futilité de ce que j'écris, il étais temps crieront certains, rien à foutre chuchoteront d'autres, et je vous laisse donc avec cette question, à laquelle, j'imagine, vous n'aurez aucun mal à répondre.

Je crois que ces vacances sont les pires que j'ai eu depuis longtemps. Intéressant quand on sait que ce sont les seuls que j'ai eu depuis septembre. Un travail ennuyeux à mourir, à rendre fou un moine sri lankais, l'ennui perpetuel, l'attente, le manque, toutes ces composantes réunies dans deux semaines épouvantables, le rêve. Pourtant, j'aime la période de Noël en général. j'aime la neige, aussi. Allez donc savoir.

Je crois que c'est le nouvel an qui me déprime. J'ai toujours peur de changer d'année, comme de tourner une page magnifique d'un roman, car l'on sait que les beaux mots que l'on vient de voir passer sous nos yeux appartiennent dès lors au passé, et que même si on les relit comme on revoit des souvenirs, ils n'auront plus jamais la douceur de l'instant présent. Dès lors on doute que la page qui suit saura s'en tenir au même niveau. Tout se joue à minuit, le 31 décembre. Pourtant j'aime le doute, ne pas savoir ce qui m'arrivera plus tard. j'aime l'improvisation. I like to contradict myself. D'une certaine manière, j'arrive toujours à être déprimé quand arrive le jour du 31 décembre, comme un rituel. Je sais que demain ne se passera pas comme j'aimerais qu'il se passe, exactement comme ces derniers jours ne se sont pas déroulés comme je les avais rêvé. Peut être que de voir tous ces gens heureux au même moment au même endroit me rend mal à l'aise. Je sens bien que je devrais m'amuser aussi, et pourtant quelque chose m'en empêche. Ce quelque chose, c'est peut être le dégout, la peur, l'envie, le manque. Toutes ces petites choses qui nous assaillent quand s'en vient ce moment où l'on se sent seul, au milieu de la pièce, mais petit, petit, minuscule. Et ma voix ne porte pas. Je ne suis pas aussi aigri que mes virgules semblent le crier. Je sais être si ce n'est heureux, au moins content, souvent.Peu importe vraiment. Je serai avec mon pirate, bandeau devant l'oeil, prête à l'assaut. Et puis, il y a beaucoup de monde que je fais semblant d'avoir envie de croiser, demain soir. Celles que je veux voir se comptent sur les doigts d'une main. Mais, attention comparaison foireuse, oui maintenant je les annonce avant, ça vous évite de les lire, comme les doigts de ma main, je ne pourrais pas m'en séparer sans qu'il n'en ressorte une blessure profonde, à la fois physique et morale, qui laisserait des traces. J'ai beaucoup réfléchi ces derniers temps, et rien d'intéressant n'est vraiment ressorti de ces réflexions profondes. Rien que je ne savais peut être déjà. je crois très fort en l'amitié, plus que tout, désolé pour le côté bateau.
Il faut que je m'achète une nouvelle caméra.
Demain, à la même heure, on sera en 2010. Et alors ? Ce n'est qu'un jour de plus.

dimanche 27 décembre 2009

a song she wrote

par Lucie.

       Il y a dans l'amitié un pouvoir terrifiant. Ce n'est pas celui de l'amour, ni celui de la fraternité. On aime mais c'est différent. On choisit ses amis. On risque notre confiance, notre temps, nos rires et nos confidences. L'amitié  a cette possibilité de nous éclater. De nous vider de tout sens. Je crois à l'aptitude de l'amitié de nous changer, de nous rendre meilleurs et parfois bien pires. Il y a dans l'amitié plus d'ambiguïté que chez des amants. Parce que l'amour charnel en est éloigné. Parce qu'il est parfois lié, mais loin du désir, c'est l'équivoque des secrets partagés. Le péril de les perdre. La chance de les retrouver. J'aurais voulu avoir les bons mots, je crois bien trop à la puissance amicale. Mes espérances transpercent mes veines et me bloquent le sang. La promesse d'un avenir ensemble est celle de l'amitié. On ne souhaite pas des amis pour quelques minutes. On les veut avec nous sur la route. Et c'est pourtant ces sentiments qui peuvent le plus nous détruire. Car trahir la confiance d'un ami n'est pas dans l'extase d'un autre corps, dans la joie d'un autre sourire. C'est dans le coeur même. L'amitié n'est pas exclusive. C'est sa force et son doute. On peut croiser les regards, attraper les rires, on peut marcher à beaucoup, prêter ses lunettes à tous, bouffer les sandwichs de chacun. Mais il arrive rapidement un moment, où l'on se sépare de nos lunettes, des sandwichs et des rêves. On trouve quelques autres compagnons, puis des nouveaux, et on remarque ceux qui tracent leur chemin avec nous depuis le début.
La nostalgie dans un coup d'oeil au rétroviseur.

He was too romantic about Manhattan, as he was about everything else.

par eliott.

Déjà bonsoir, car il est minuit passée(s?) de 21 minutes, et que le temps presse. J'ai revu Manhattan,  en la plus merveilleuse des compagnies, je crois que c'est la 5ème fois, je crois que ce film là, et Woody Allen, m'ont appris à vivre. j'étais parti pour parler de cinéma, de manhattan, d'à quel point ce film est magnifique, pour ses images, pour ses dialogues, pour tout ce qu'il raconte sur l'amour, l'amitié, la vie, et puis finalement, je crois que je vais changer de sujet. j'aime bien écrire. Ma meilleure amie me manque,  co-créatrice de ce merveilleux blog, que vous le croyez ou non, j'aimerais bien lui parler ce soir, mais elle ne réponds pas au téléphone, et j'aimerais bien la voir bientôt.
Voilà, je suis à court de mots. c'est con, j'étais vraiment bien parti pour écrire, j'étais rentré avec une seule idée en tête, celle d'allumer mon ordinateur, d'ouvrir la fenêtre internet, clic, favoris, clic, blog, clic, beastrawberry, clic, et là, contemplant la solitude de mon écran blanc, tout s'est évaporé, toutes les idées, toutes les paroles, tout les mots qui, il y a pourtant si peu, alors que je traversais le pont de Levallois, que la lune en croissant laissait trainer ses reflets sur la Seine, que j'étais heureux d'être seul sur ce pont en cette nuit de décembre, trottinaient, trottaient, jouaient à chat perché dans mon esprit troublé, toutes ces lettres se sont évanouies sur mon clavier. troublé par quoi ? je ne sais pas. Comme un verre d'eau, mon esprit se trouble à la moindre secousse. ouais, bon, comme comparaison, j'aurais pu trouver mieux. On est le 27 décembre, depuis 45 minutes, j'écoute Gershwin, et je ne sais pas quoi écrire, je crois que je sens comme un blocage, j'ai peur d'aller trop loin, plus tard. J'aimerais savoir faire de la musique. Je vais m'acheter une nouvelle caméra, et mon ambition est de tout filmer, la lune du samedi soir au dessus du Levallois Bridge, ce couple qui chante un vieil air de jazz, regards dans le vide, dans le métro, cet homme qui manque de tomber à chaque arrêt, je veux pouvoir les filmer. j'aimerais pouvoir être indifférent. Ne pas pleurer, ou tout du moins, ne pas laisser couler quelques larmes désuètes vites séchées par le revers d'une manche usée de toutes les fois où j'ai voulu la retrousser pour être fort et le montrer, et que ça n'a jamais marché. ouais, bon. Seul dans mon lit, je me sens seul, logique. je pense à elle, elle doit dormir, dans son appartement de la place d'it'.La couverture ne me couvre pas, elle m'étouffe. I could need a 2a.m call. Il est presque 1 heure du matin, les gens ne dorment donc pas ? J'écris mal, et je me targue de vouloir écrire une nouvelle. Ironie. Je n'ai pas si hâte que ça d'être en 2010. Déjà, c'est deux ans avant la fin du monde, nous sommes prévenus. Et puis il me reste 4 jours de 2009, et je veux qu'ils se passent bien. et je sais très bien ce que je veux qu'il s'y passent. donc on verra.
lovin' you all.

mardi 22 décembre 2009

wake up (you sleepy head)

par eliott

ce soir, je n'ai pas envie de trop raconter. C'est lez premier article que j'écris de mon ordinateur portable, et son clavier est tout à fait adapté à mon écriture rapide, brouillonne, irréfléchie. Quelques nouvelles. J'ai vu Avatar en 3D. Première chose : la 3D n'a jamais été aussi bien utilisée. Elle sert le film, mais n'est jamais utilisée comme l'attraction majeure d'un film qui se veut comme un nouveau Star Wars. Parce qu'Avatar, c'est d'abord une histoire, avec la rime (quoique, "ar"/"oire"... ne chipotons pas si tard (la voilà, la rime)). Un scénario classique, peu être, mais filmée d'une telle façon, contée comme une grande épopée lyrique, pleine d'amour et d'action, bref, j'en parle mal ce soir, attendons de reculer un peu, to get the whole picture. Ce soir, toujours le même, je vais mal écrire, je vais être ininteressant. C'est que je n'ai rien à dire, mais que le clavier m'appelle de son chant mélodieux,comme le chant des sirènes, et moi, tel  un Ulysse voguant sur les mers déchainées de ma solitude, coincé entre quatre murs, la pluie battant fort contre le vent, les deux mêlant leurs forces pour les déchainer contre ma fenêtre, je n'ai pas les feuilles de chou qui, bien tapies dans mes tympans, m'aideraient à résister. Alors je sombre, je faiblis, tant pis. On a vu mort pire. J'aimerais trépasser sur mon clavier.
En parlant de mort, j'en ai une bien bonne. A sciences po se concocte un concours de nouvelle et de poésie. Les thèmes en sont les suivants : "Champagne" et " Mort et Deterré". J'ai une idée de nouvelle sur le deuxième thême, mon but étant de la développer pendant ces vacances fort courtes, et intenses. Voilà, c'est aussi un appel à toi, chère co-créatrice de ce blog, ce morceau de folie, un appel à tes idées, un appel à ton talent, car, bon, je ne sais pas si on a le droit d'envoyer des nouvelles si on est pas de sc po, je me renseignerai, mais si oui, ce serait cool, si tu as le temps, que tu en envoies une, garnies de ces mots, de ces phrases dont tu as le secret, mieux gardée que celui de la potion magique.
What else ? Rien, vraiment. Je n'ai pas envie de trop dévoiler mes doutes, mes peurs, aujourd'hui. "Les secrets sont mieux solitaires". Et alors que j'écoute des chansons parfaites pour l'hiver, une question tordue vient à mon esprit qui ne l'est pas moins. N'est ce pas incongru, n'est ce pas un paradoxe ultime que de mettre un "s" à "solitaire" ?  "Ils sont solitaires". Certains sont solitaires. Moi je suis seul à plusieurs.

dimanche 20 décembre 2009

la princesse ne veut pas l'embrasser

par Lucie.


      Je suis rarement nostalgique. Je n'aime pas le passé, parce qu'il a rarement été bon, et puis parce que revenir dans le passé me met toujours dans un état déplorable. C'est justement la rareté de cette émotion qui lui donne sa force. Ces moments n'incitent pas au rangement, mais c'est peut-être les instants que je préfère pour nettoyer et purifier. Mais retrouver cette conversation du 3 mai 2009 m'a touché en plein coeur. Mauvaise idée que de relire ces mots trop dédaigneux, remarquer mon insolence et le résultat. Me rendre compte que j'ai bien un petit coeur puisqu'il vient d'être vidé. Ses mots ne sont pas les pires, ils m'atteignent parce qu'ils sont trop forts et qu'il montre sa mauvaise influence, sa supériorité et mon profond dégoût pour lui. mais qu'il s'autorise à la citer, elle, qu'il souhaite me montrer, me rabaisser, me ramener quelques années plus tôt, regarde, tes amis sont faux. qu'il parle de "reine de son monde", de ses mots, qu'elle a caché, dont elle pense que j'ignore encore l'existence, c'était l'acte le plus immoral à faire. on ne perd jamais ses amis. on s'en éloigne, ou bien ils s'en vont. j'ai vu les gens partir autour de moi, trop de fois. j'ai vécu les mots. j'ai compris leur importance, leur force, leurs possibilités et les choix qu'ils impliquent. les mots et les cieux. deux noms pour un seul sens. 


la nuit fait peur, la nuit rassure.

par Lucie



    
 j'ai très souvent peur, de tout, vraiment de tout, et quand j'ai peur, je ne contrôle rien. on ne contrôle pas assez sa vie, on ne se contrôle pas assez souvent. on cherche ce manque de contrôle, cette perte de repères. on boit, on fume, on sniffe, notre génération ne souhaite pas être responsable de ce qu'elle est. on a peur de nous-mêmes, et c'est sûrement le pire. on se refuse, on ne supporte pas de se voir, se remarquer, se comprendre. perdons le contrôle sous prétexte d'alcool et autres substances illicites pendant qu'on flippe plus que tout.

je ne me contrôle pas, et je n'ai besoin d'aucun prétexte pour le faire. je suis ce qu'on appelle impulsive et lunatique. je change du tout au tout sans logique, et je crie ce que j'appréciai cinq minutes avant. je déteste ça. j'aimerai comprendre ce qui me pousse et m'attire dans ce chaos volontaire. mais je ne vois pas, sans élément déclencheur, ou alors tellement implicite que même moi je ne le trouve pas. et alors j'ai peur. de mes paroles, de ces actes qui vont trop loin, de perdre par mes instants de folie éphémère.


toi, pourtant, tu contrôles presque tout. tu fais très bien semblant de ne pas contrôler du tout, alors que tu gères sur tous les plans, que tu bois peu, fumes pas du tout, que t'aimes pas ne pas être toi-même. t'es pas du tout impulsif, ou alors c'est par des volontés de folie, ce qui est différent, et tu n'es pas lunatique, même si parfois tu aimerais bien. et tu n'as pas peur de toi. mais je finis par avoir peur de ce nouveau toi, parce qu'il est trop différent. j'ai peur de ce qu'elle va faire de toi, de ce que tu vas devenir. si elle peut te convaincre de changer de point de vue, et de modifier ce que tu as toi-même penser, alors elle peut aller plus loin. je t'aimais courageux, et non jouet de mains quelque peu possessives, encore moins pour prendre un autre jouet dans tes mains. alors je ne me battrais pas, tu sais que j'ai pas la force de le faire, pour qui que ce soit, j'aime pas me battre, et je le ferai pas. elle gagnera toute seule si elle veut, et tu seras perdant. de ce qui te tient et te rassure. de qui te tient et te bouscule.

dimanche 6 décembre 2009

Perdus à Paris

par eliott.




Je fais semblant de m'occuper, mais je ne fais rien. Je ne m'ennuie même pas, je perds mon temps. Et c'est comme si tous les espoirs soulevés ces derniers temps s'étaient, eh bien, je ne sais pas, disons que c'est comme s'ils se révélaient, doucement mais sûrement, stériles. Ce n'est pas spécialement une sensation agréable. Je crois que je viens d'entre-apercevoir quelque chose, une explication. Si je n'arrivais pas à écrire, ces derniers jours, si, à plusieurs reprises, j'ai pris le clavier, l'ai secoué dans tous les sens espérant peut être qu'il en sortirait quelques mots bien alignés mais en vain, c'est peut être que j'étais obstiné. Comme s'il fallait absolument que j'écrive de longues phrases envirgulées, comme si j'étais obligé de parler de Paris, comme s'il fallait vraiment mentionner les arbres bleus de Levallois, sur l'autre rive. Après tout, j'écris de ce que je veux. Je ne vais pas m'obliger à faire un commentaire argumenté sur ces arbres électriques, dont les feuilles, quand elles tombent en été, font des sons de verre brisé, de loupiote écrasée. Je suis indépendant, moi, et vous ne m'aurez pas. Ce soir, il est dimanche, comme depuis ce matin, et le dimanche, c'est triste, c'est vide, c'est seul. Le mot lui même, dimanche, sonne creux. C'est pas comme le lundi, vif et agressif, ou le samedi, doux et chaleureux. Dimanche, c'est même pas triste. C'est comme ces pluies ternes de début-décembre. Foutez nous un orage, donnez nous un plein soleil, mais pas ce temps gris et morne, oscillant entre le froid et le très froid, et ne sachant pas trop quoi faire de son vent.

Je découvre de nouvelles musiques, elles s'emparent de ma chambre trop éclairée ( là, j'éteins la lampe à ma gauche), et elles enjolivent mes heures solitaires. Minitorrent a lâché, et pour le dire vite et bien, j'suis vener. Demain, je vis une experience qui risque d'être passionnante, Mulholland Drive au cinéma, accrochez vos ceintures, ça va rêver . Je suis à court d'idée, je suis à court d'esprit. Ma semaine, eh bien, ma semaine elle fut sympathique, pleine de pluie et d'amis, d'amour et d'eau fraîche, ce genre de trucs. Bon, on m'oblige à aller manger, j'ai même pas faim, je reprends tout à l'heure. La dictature de la salle à manger.

Gavé de pizza, tellement que j'en ai mal au ventre, je reprends. Je suis amoureux. Très amoureux, d'une fille aux yeux bleus. Gaaa, dirait elle, et elle aurait raison. J'attends un appel d'elle. Il devrait arriver bientôt, comme le soleil après une longue nuit d'hiver. Aujourd'hui, enfin c'était hier, alors que, frustré par une journée qui s'annonçait sympa mais qui ne le fut pas, je me baladais sur l'avenue, le coeur ouvert à l'inconnu, une idée, comme un oiseau tombé du ciel venu se poser doucement sur mon épaule meurtrie,  me vint à l'esprit. C'était l'idée d'une nouvelle qu'il pourrait être drôle d'écrire, mais il faudrait du talent, qualité qui me fait défaut, si vous me pardonnez l'expression. Dernièrement, j'ai voulu écrire, souvent, j'ai même voulu commencer un roman. Mais il me fallait des personnages, je n'avais que des virgules et quelques points, alors j'ai laissé tomber. C'est l'histoire d'un rien, en fait.

J'aimerais, on aimerait peut être, errer sans haine, sans peur et sans but, sur les grandes avenues des métropoles, zigzager sous les néons des lampadaires, courir sur les boulevards, grimper la tour d'argent, s'imaginer plus loin, s'imaginer plus tard, trop tard, trop loin, compter les secondes, compter les minutes, vouloir les retenir, pour mieux les laisser s'échapper.

so long, marianne;

par lucie





léger moment d'absence, par nos emplois du temps de ministres. la semaine fut chargée. j'aimerai faire comme françoise sagan, dérouler mes journées et noter quelques informations purement superficielles sur le théatre, la télévision, les boutiques, ou tout ce qui a été vu durant ces derniers jours, mais je ne le ferai pas. les raisons sont principalement de l'ordre du talent et de l'intéressant.

je parlerai donc des choses plus passionnantes que celles vraiment débiles et ordinaires. c'est mieux pour vous, et pour moi, sinon on s'endort tous et ça s'arrête là. lundi soir, concert de jazz à l'espace carpeaux, salle de concert de la ville. andré manoukian et ses musiciens, voyage entre l'arménie et la france, sans voix. je suis pourtant du genre à défendre les voix, féminines et masculines, pour donner sens aux chansons. la musique, c'est tant affaire de sons que de phrases. le pari n'était pas gagné que de me faire apprécier le rythme sans paroles. et pourtant, c'est réussi. embarquée pendant un temps indéterminée, dans les bras de maxime, bercé par un piano délicieux, un batteur un peu fou, un contrebassiste effacé et un saxophoniste plus que talentueux. le tout entre-coupé de petites citations à la manoukian, qui ont fait son succès dans la nouvelle star. jazz du lundi.

mercredi soir, verre entre amis, entre eliott, compatriote, sa copine cléa, et magalie. deux téquila sunrise pour le prix d'une en happy hour. même si j'ai penché pour un sex on the beach. et qu'eliott apprécie l'épicé des bloody mary. chez dupont, c'est pas terrible, mais c'est cacahuètes en plus ou moins libre service. les assiettes sont de plus en plus petites et de moins en moins remplies, mais elles existent quand même, et nous, on aime beaucoup les cacahuètes.

jeudi soir, magalie et moi avons bougé nos fesses jusque chez léa et clémentine, tout ce beau monde étant en arts appliqués. dans un tout petit appartement, digne des étudiantes parisiennes mais pas vraiment parisiennes, on a mangé riz et semoules en racontant des histoires de mecs. puis direction le tout petit appartement de magalie, pour travailler des livres illustrés, fumer à la terrasse et admirer la moquette verte, dont j'ai déjà parlé je crois. là-dessus, la nuit nous appartient, et nous avons lancé moulin rouge. les premières minutes m'ont échappée, parce que je travaillais et que les rossignols sont des oiseaux assez particuliers à retranscrire au crayon. pourtant, la suite m'a fascinée, et je ne sais pas écrire de chroniques aussi bien que mon ami ici présent, qui peut-être, si je lui demande gentiment , acceptera de faire cette critique.

et le week-end, dans mon grand appartement de fille qui habite encore chez ses parents même si ces derniers étaient partis quelques jours, entre lit et pinceaux, avec hier soir, la superbe émission miss france 2010 et la victoire de miss normandie, qui pour une fois, était plutôt pas mal. j'ai pas grand chose à dire là-dessus, ça mérite pas un paragraphe pourtant c'est assez long, quelque chose comme 3H, et heureusement, j'ai eu de quoi me divertir en attendant le couronnement. pour lequel je m'étais endormie, d'ailleurs;

toute la semaine se déroula au son de la bo de good morning england, entre les kinks et leur capacité à faire danser n'importe qui, leonard cohen et ses so long marianne, et bowie, let's dance, hymne aux mouvements sur le dancefloor de mon salon, c'est à dire ma moquette blanche. et au souvenir de maxime, qui adore cette chanson.

en attendant, la semaine prochaine sera plus chargée encore, je parle de boulot, et j'ai pas envie d'en parler. concert d'emily loizeau mardi soir, concert d'amis à la boule noire samedi soir, et puis c'est à peu près tout, quoique probablement une expo vendredi soir, je ne sais pas encore laquelle.

mercredi 25 novembre 2009

exept bob dylan, we have nothing in common

par Lucy



    


   je ne comptais pas écrire ce soir;  je suis très fatiguée. je déteste la fatigue, et je voudrais tester ces pilules qui permettent de ne pas dormir pendant 48h dont aurore m'a parlé il y a quelques années et dont je me souviens encore. je n'aime pas être fatiguée, parce que dans ces cas là, personne ne veut rien faire, ou alors simplement dormir, avec pourtant ce besoin de résister. quand je suis fatiguée, je ne vais pas me coucher. c'est un mécanisme étrange qui s'active en moi. en vérité, j'ai peur du lendemain. je sais que je vais devoir me lever, et recommencer. alors peut-être que se coucher tard, c'est repousser ce moment là, dans un certain sens. pourtant, par ce mécanisme idiot, je suis encore plus fatiguée, et une roue infernale se déclenche, je deviens hamster et son divertissement premier.


      l'autre jour, j'étais chez magalie, dans un petit appartement d'une seule pièce, avec des placards salle de bain, des placards cuisine et même des placards lavabo. le tout posé sur une moquette verte pas franchement in que son copain électricien aime pourtant bien. j'aimerai bien habiter chez magalie, parce que j'aimerai bien habiter avec magalie, et parce que c'est tout près d'ods. pas pour la moquette verte, ou la table digne des dînettes de supermarchés. j'aimerais juste manger mes cheerios avec une cuillère arthur et les minimoys, regarder tout le monde veut prendre sa place et manger des pâtes ratées. j'aime bien magalie et ses anecdotes, et j'attends le jour où son copain partira en déplacement pour poser quelques temps ses bagages dans son cocon qui sent la peinture, et le parfum gucci. 





You'll rise each day as planned, your will is your command.

par Eliott



J'adore découvrir de nouveaux artistes. C'est arrivé ce matin, avec Wilco. A chaque fois c'est pareil. Je commence par écouter une chanson en boucle, parce qu'elle me plait, et parce qu'elle semble, à l'instant même où je l'écoute, résumer toute ma vie, toute mes envies, mes peurs. Puis, je m'aventure, tranquillement mais sûrement, vers la chanson suivante, puis la suivante, et encore,avant, soudainement, de m'auto-proclamer fan. C'est une grande aventure.
Ce soir, à 20 heures et 4 minutes, je suis soulagé et déçu. Soulagé parce que ce mercredi qui s'annonçait difficile le fut, mais moins que prévu. Puis maintenant, il est terminé. Déçu, parce que j'avais une opportunité, une chance, et qu'elle semble gâchée, alors que je ne pense pas avoir faire quoique ce soit de mal. Oui, oui, je vais vite en besogne (ah ah) mais c'est comme ça, quand je suis tout excité, et que les choses ne se passent pas comme prévu. C'est le problème de l'espoir, sentiment gentiment pervers. Alors je pourrais gueuler : " Allons bon ! c'en est fini d'être dupe, je suis las de tomber de trop haut, fatigué de croire ! Ah! Espoir, sentiment minable, je te conspue, je te méprise, je t'emmerde. C'en est fait des rêves, c'en est fait des mensonges, l'on ne m'y reprendra plus ! ". Aucun intérêt.Oui, chaque fois qu'une nouvelle situation qui pourrait m'être favorable se présentera j'aurai de l'espoir. J'ai mes rêves en papier craché, mes espérances virtuels, et la plupart sont voués à rester dissimulés derrière les mots que je balance mollement ici, sans me soucier de s'ils sont justes ou bien accordés. J'écris mal ce soir et je m'en rends compte. N'empêche. Ce blog là est incroyable. Il m'attire, me fait du pied, je ne sais pas résister. Et puis la nuit l'on s'ennuie. Et Paris est bien morne. A se demander si l'on ne préfère pas quand la Tour Eiffel s'emballe, qu'elle se lance dans une symphonie de couleurs fluos, un arc en ciel métallique. Moi aussi, je veux poser des ampoules vertes sur la Dame de fer.
And if I die, I'll die, I'll die alone on some private hill.
Il est 22 heures et 27 minutes, je reprends le clavier à deux mains parce que je n'étais pas content de ma dernière phrase. Il fait toujours nuit, et Paris n'a pas changé depuis tout à l'heure. Mais ça pourrait être drôle : " il est 22 heures et 27 minutes, je reprends le clavier à deux mains parce que je n'étais pas content de ma dernière phrase. Il fait toujours nuit, et une météorite vient de s'écraser sur Paris, maintenant dévastée. Je penche ma tête à droite. Oui, c'est bien une vague de la taille de mon immeuble qui se dirige vers moi. La nuit, tout les chats sont gris. Je ne vois plus la Tour Eiffel, seulement de la fumée. Je penche ma tête à gauche. Ce mur trop blanc m'ennuie, je devrais le décorer, y foutre des photos, le rendre vivant quoi. On s'ennuie ici."
Oui, bon, il est 22 heures et 33 minutes et je ne sais pas trop quoi faire. J'aime bien écrire. Ca détend, surtout ici. Certains fument des joints, nous on tape sur un clavier. Vous devriez essayer, mais pas trop fort. Qu'est ce que j'écris mal. On dirait un singe qui tenterait de se servir d'un aspirateur. Et donc je vais m'arrêter là, sur cet épilogue trop court pour être intéressant et trop long pour être drôle.
love folk music.

L'imaginarium du Dr Parnassus

par Eliott








   
    Le tournage de L’imaginarium du Dr Parnassus fut un chemin semé d’embûches, comme il en arrive souvent avec les films de Terry Gilliam, sorte de cinéaste maudit. En effet, son acteur principal, Heath Ledger, meurt prématurément alors que le film n’est pas terminé et Gilliam, désemparé, triste, et sûrement lassé de ne pas réussir à terminer ses films, est alors obligé de modifier quelque peu son scénario et d’engager trois acteurs (de qualité : Johnny Depp, Colin Farrel et Jude Law) pour terminer l’ouvrage. Bref, comme dirait notre président, «  ça commençait pas terrible ». Du reste, qu’en est-il ? L’histoire est celle du Dr Parnassus, homme doté de pouvoirs surnaturels assez peu clairs. Ce Docteur, qui tient un théâtre ambulant permettant de « voyager dans notre imagination », s’amuse, souvent, à parier avec le diable, Mr Nick, joué par un Tom Waits délicieux. C’est donc ainsi qu’il gagnera son immortalité. C’est aussi comme ça qu’il perdra sa fille, supposée devenir, le jour de ses 16 ans, la propriété de Mr. Nick. Au beau milieu de cette tragique histoire arrive alors, comme un cheveu sur la soupe, un Heath Ledger dont on ne comprendra jamais vraiment ce qu’il fait là. Terry Gilliam ne semble pas se soucier de ses personnages ou de son scénario. Ce qui l’intéresse, lui, c’est de pouvoir, pendant deux longues heures, s’amuser avec ses effets spéciaux, dans des séquences à la Charlie et la Chocolaterie pleines de couleurs et faussement inventives.  Chaque thème qu’il aurait pu être intéressant d’approfondir (la mort, l’ennui, la solitude de cette fille de presque 16 ans rêvant de s’échapper) est à peine effleuré, le cinéaste préférant se perdre dans des élucubrations visuelles, laissant à peine au spectateur le temps de respirer entre deux séquences d’ « imaginarium ». Alors oui, les acteurs sont bons et l’incursion des trois acteurs « remplaçants » est bien faite, mais l'on s'ennuie. En sortant de la salle, on en est encore à essayer de comprendre le fin mot de l’histoire. Et l’on en vient à se demander si Terry Gilliam ne serait pas devenu un réalisateur dont on préfère voir les making-of plutôt que les films. 

mardi 24 novembre 2009

Mulholland Drive

par Eliott






              La première fois que j’ai vu Mulholland Drive de David Lynch, j’étais seul, j’avais 15 ans, il faisait noir. 2 heures et 26 minutes plus tard, je crois que quelque chose avait changé. J’étais passé, le temps d’un unique film, par toute la gamme de mes sentiments, de mes émotions. J’avais eu peur, j’avais souri, j’avais aimé, haï, pleuré, rigolé, sursauté, j’avais  cru vivre et j’avais cru mourir avec les personnages.
            En 2001, quand Mulholland Drive sort au cinéma après un passage remarqué à Cannes où il a remporté le Prix de la mise en scène, David Lynch n’en est évidemment pas à son premier fait d’arme. Son précèdent film, Une Histoire Vraie, évoquait avec mélancolie, humour et sagesse la traversée des Etats-Unis d’un vieil homme sur une tondeuse. Encore auparavant, en 1997, il avait réalisé Lost Highway, qui déjà avait troublé certains spectateurs. Ici, il convoque les anges de Los Angeles. Mulholland Drive est un rêve, et c’est ainsi qu’il se vit. Comme un rêve, il parle aux sens, mieux, il les secoue, les fait trembler. Comme un rêve, il n’a à première vue, ni à la deuxième, aucun sens, et pourtant, comme dans un rêve, on ressent et l’on vit, on sourit sans vraiment savoir pourquoi, et comme dans un cauchemar on a peur, on crie, on agite les bras dans tout les sens pour se réveiller. Mulholland Drive, du nom de la route célèbre qui parcoure La Cité des Anges et où, au début du film a lieu un accident de voiture qui va tout changer, est le symbole des espoirs déçus, un mélodrame bouleversant par sa tristesse désemparée et sans issue, par cet amour violent, la fureur des sentiments. Il est un film si riche qu’il en est une œuvre d’art. D’aucun diront de ce film qu’il n’est qu’un enchevêtrement d’images artificielles sans aucun sens et sans interêt, que ce tas d’images n’est que le délire visuel d’un fou. Il n’en est évidemment rien, c’est même tout le contraire tant les interprétations que peuvent amener Mulholland Drive sont nombreuses (film surréaliste post-moderne, film rêvé…), tant les niveaux de lectures sont infinis et font de ce film un livre toujours ouvert, incroyablement généreux. David Lynch semble nous dire : j’ai mis ma vie dans cette histoire, j’ai mis mes émotions, j’ai mis mes folies, mes rêves, mes inventions, mes peurs et mes joies, maintenant, il ne reste plus qu’à vous servir, mais attention, n’allez pas trop vite, ou vous irez vous perdre. Ce film c’est donc une histoire. C’est en premier lieu la plus belle histoire d’amour du Cinéma, entre une Naomi Watts et une Laura Elena Harring à la quintessence de leur art, plus belles que jamais, un Amour avec un grand A, dans tout son emportement et sa sensualité, il n’y qu’à voir cette scène d’amour, d’un érotisme fou, au centre du film. David Lynch fait découvrir à son personnage, celui de Naomi Watts, l’innocent ange blond au regard si fragile,  l’essence même de Hollywood et nous fait voyager dans ses mirages, dans ses mensonges et ses tricheries. Lynch passe par tout les genres, du tragi-comique (le personnage typé du réalisateur cocu qui noie les bijoux de sa femme dans de la peinture) au drame intense (la scène du Club, et le fameux « Silencio »), sans oublier le fantastique (le rêve au Winkies’, le Cowboy), par tout les tons, du sombre au pop, de la lumière aveuglante des studios de tournage à la lumière tamisée du Night Club, de la chevelure blonde platine de Naomi Watts aux cheveux noirs ébène de Laura Harring. Cette harmonie des couleurs, la magie de chaque image, mêlée au sentiment mystérieux du rêve, la musique d’Angelo Badalamenti qui les envoute, font de Mulholland Drive un conte de fée cruel, une explosion d’émotions et soudain l’on se surprend à pleurer, comme les deux personnages, à l’écoute de Rebekah del Rio chantant la Llorando. Mulholland Drive est une énigme dont l’auteur même donne certaines clés, labyrinthe sinueux parsemé de surprises, de beautés et l’on se rend compte, quand s’achève le générique de fin que peu importe si l’on n’a pas su retrouver son chemin, puisque l’on n’était jamais vraiment perdus. 

lundi 23 novembre 2009

"Anywhere out of the World"

par Johnny Jane's Pocket

Sous ses cheveux jaunes et noirs
Elle rêvait parfois d'autres soleils,
Celui qu'elle avait sous les yeux, trop rare
La laissait las au réveil.
Elle aimait s'égarer dans l'Amour
Seule, mais toujours accompagnée,
La nuit écrivait sous l'abajour
Ses peines, ses joies, ou les dessinait.

They can't stop thinking about the moon,
Freedom of the universe and strangers in the night.
Natural is far away, just beside their cloud,
He was the crazy poet who exists in movies,
The character who had the final kiss .

They were really madmen, after all.
Qu'ils finissent perdus, dans l'alcool,
Libérés d'un ailleurs, trop maussade
Shall they never die.

lls auraient voulu s'en aller
Voir la mer, le ciel, les étoiles
Et les traverser.
Le vent fouetterait ses cheveux emmelés
Et son visage de petite fille
Trop sage.
Il les aimait, sa folie,
Sa vie, ses envies,
Son parfum Lucky Strike.

Should they live in their dream ?
They used to say so much craps craps craps,
Maybe is reality not for people like them,
Sleepy on the bed, they want to dream,
To love the sky and the beauty of uncertainty.

They were really madmen, after all.
Qu'ils finissent perdus, dans l'alcool,
Libérés d'un ailleurs, trop maussade
Shall they never die.

Shall they never die .

A chat perché

par Johnny Jane's Pocket


Au bord du lit, y a deux paires de converses noires,
Les tiennes sont détachées, les miennes restent délassées,
Laisse moi, enlacé,
Laisse moi, endormie,
On risque quoi à rêver ce soir ?
On peut toujours aller nul part,
Si tu veux .

Moi j'veux, moi j'veux, marcher pieds nus dans Paris,
Toi dans ma poche déjà trouée,
Moi j'veux, moi j'veux, j'veux jouer à chat perché,
Toi le p'tit chat, moi la souris.
J'aurais voulu crever dans tes bras,
J'voudrais, j'voudrais, mourir une dernière fois .

On aurait dû partir plus tôt,
Ou bien reprendre plus tard,
J'ai trop d'couplets en mémoire,
Comme un peu de toi en moi,
Comme de mon rire dans tes éclats,
Du trop de rien dans nos photos .

Moi j'veux, moi j'veux, marcher pieds nus dans Paris,
Toi dans ma poche déjà trouée,
Moi j'veux, moi j'veux, j'veux jouer à chat perché,
Toi le p'tit chat, moi la souris.
J'aurais voulu crever dans tes bras,
J'voudrais, j'voudrais, mourir une dernière fois .

Putain qu'est-ce qu'on fout sur ce trottoir,
A trop cracher sur les passants ?
A trop perdre tout ce temps,
Pour penser à nos corps dans nos sourires ?
Moi j'ai ton nom sur mes lèvres,
Il s'échappe en un soupir.

Moi j'veux, moi j'veux, marcher pieds nus dans Paris,
Toi dans ma poche déjà trouée,
Moi j'veux, moi j'veux, j'veux jouer à chat perché,
Toi le p'tit chat, moi la souris.
J'aurais voulu crever dans tes bras,
On devrait, on devrait peut-être s'en aller,
On peut toujours aller quelque part, si tu veux.



dimanche 22 novembre 2009

sea, sex and sun

par lucy



                  je dois avoir une sorte de prédiction mentale bizarroïde, parce que tout à l'heure, j'ai parlé de mon papa, ce que je fais très rarement, et il est un des éléments clés de ma journée, ce qui est arrive assez rarement également. il faut savoir que mon papa est un ingénieur, avec une moustache et un petit bedon, et des lunettes parce qu'il voit rien, aussi. et que moi, je porte parfois des lunettes très grandes, mais plus souvent des lentilles, et puis je veux faire du design. en ce moment, je suis en mise à niveau, et on s'en moque, mais grâce à mon papa, j'ai eu une idée pour mon objet à faire avec des bouteillesenplastique. je mettrai peut-être une photo quand ce sera terminé, mais j'ai toujours la flemme alors au final, je le fais jamais. tout ça pour dire que mon papa est ce soir un héros.

ce blog sera notre caverne, et il l'est déjà. écrire est notre libération, et notre envie profonde. on est passionné par d'autres choses, dessin ou cinéma, on reste dans l'art, et on a tous les deux nos emplois du temps de ministres mais on écrit parce qu'on en a besoin. "j'ai une envie d'écrire comme t'as une envie de cigarette" dit Grand Corps Malade, et même si moi, j'aime bien les deux, c'est exactement ce que nos petites mains ressentent. 
le dimanche, c'est souvent long et plein de spleen, c'est souvent pluvieux et très sinueux, mais je crois qu'au fond, je suis amoureuse des dimanches. ce sont des moments de lucidité, on aperçoit tout, et pour moi, les dimanches sont plus profonds que les nuits, déjà parce que j'ai peur du noir et des monstres, et ensuite parce que le dimanche, c'est toujours très difficile à passer, et c'est quand même moins pire, pour parler très peu correctement, que les lundis matins, où on retourne à nos écoles respectives, ou à notre boulot, allez savoir qui est le plus triste. personnellement, le lundi j'ai volume, dès huit heures du matin, et c'est une matière que dans les faits j'apprécie, mais moins dans la forme. je viens de remarquer qu'il est facile de nous retrouver, avec ce vice que j'ai de détester les majuscules. 
mes amis, j'ai un jeu en bouteilles à terminer. 


*

aux alcools sans couleurs

    par lucy & eliott


     sur mon dos se trouve un pull rose orné d'un so sweet et d'un cupcake. c'est pas facile à imaginer, je le reconnais. à travers ce dimanche midi, quelques décisions apparaissent. ce sont des solutions à nos rêves manqués. nos espoirs sur papiers virtuels. quelques mots jetés, parce qu'on ne sait faire qu'à peu près ça. dehors il y a du vent, un vent fort et terrifiant, il y a aussi mon papa qui plante des fleurs, alors qu'il a froid. mais je crois qu'il aime ça, au fond, se dépasser pour que notre terrasse soit jolie. il dit parfois qu'elle ne sera jamais aussi jolie que moi, et dans ces moments là, je lui souris, avec toute la sincérité du monde. ce sont sûrement les seuls moments où je lui accorde des sourires. pourtant, il est pas méchant. mais j'ai toujours du mal avec les gens pas très méchants, même mon papa. moi j'aime bien les gens très gentils, et les gens qui font semblant d'être gentils. remarque que j'aime aussi les gens qui font semblant d'être très méchants alors qu'au fond ils sont très gentils. j'aime bien les gens, en général, mais à petite dose. comme le fond de téquila dans le téquila sunrise. il en faut, parce que sinon c'est sans intérêt, mais c'est le jus d'orange et la grenadine qui font tout. les gens, c'est de la téquila. c'est incolore et c'est très fort. et j'ai un petit peu peur d'eux, mais j'aime bien ça. l'autre, avec moi, c'est différent, c'est ni un gentil ni un méchant, c'est pas de la téquila mais un bon shot vodka tagada. il est rose, tout doux et très agréable. vous allez voir.


*


       Difficulté d'écrire, après une introduction pareille, aussi parfaite. Ce blog, c'est un espoir, ce sont des envies sur fond bleu et blanc. Des mots perdus sur la Toile pour nous retrouver. Je finis de manger, il est 14h cinquante-deux, aux vents viennent se mêler les gouttes de pluie. Et d'un coup le soleil. Opportuniste, je relève les stores. Je n'y comprends rien, et je mire de mes deux yeux hagards Paris qui tremble sous la tempête avec en toile de fond le bleu ciel et le soleil. C'est marrant, la fascination que peuvent avoir sur moi les vitres, les grandes fenêtres. Je ne peux pas m'en empêcher, je passe plus de temps les yeux rivés sur le dehors que sur le dedans. On est tout plein de rêves, et ça déborde alors on essaie de se contenir, on ne voudrait pas en laisser s'échapper. Alors je détourne mon regard du spectacle de Paris, je me dis que de toute façon, ce sera encore plus beau sous la nuit, et me reconcentre sur ces lettres que mes doigts fins comme mon esprit tapent délicatement sur le clavier, un peu lassé de toujours s'en prendre plein la gueule. Mais mon esprit divague, il tente encore d'apprendre à nager. De loin, de derrière ma porte fermée se laisse entendre une mélodie, je ne sais pas ce que c'est, mais maintenant qu'elle est rentrée par dessous ma porte, elle est ici, et elle me semble familière, j'ouvre, pour entrevoir ce mystère, et voilà mon père assis gracieusement sur le canapé rouge regardant un film. Je referme. Il est temps de se mettre au travail. 




On s'appelle Johnny Jane's Pocket.