Je fais semblant de m'occuper, mais je ne fais rien. Je ne m'ennuie même pas, je perds mon temps. Et c'est comme si tous les espoirs soulevés ces derniers temps s'étaient, eh bien, je ne sais pas, disons que c'est comme s'ils se révélaient, doucement mais sûrement, stériles. Ce n'est pas spécialement une sensation agréable. Je crois que je viens d'entre-apercevoir quelque chose, une explication. Si je n'arrivais pas à écrire, ces derniers jours, si, à plusieurs reprises, j'ai pris le clavier, l'ai secoué dans tous les sens espérant peut être qu'il en sortirait quelques mots bien alignés mais en vain, c'est peut être que j'étais obstiné. Comme s'il fallait absolument que j'écrive de longues phrases envirgulées, comme si j'étais obligé de parler de Paris, comme s'il fallait vraiment mentionner les arbres bleus de Levallois, sur l'autre rive. Après tout, j'écris de ce que je veux. Je ne vais pas m'obliger à faire un commentaire argumenté sur ces arbres électriques, dont les feuilles, quand elles tombent en été, font des sons de verre brisé, de loupiote écrasée. Je suis indépendant, moi, et vous ne m'aurez pas. Ce soir, il est dimanche, comme depuis ce matin, et le dimanche, c'est triste, c'est vide, c'est seul. Le mot lui même, dimanche, sonne creux. C'est pas comme le lundi, vif et agressif, ou le samedi, doux et chaleureux. Dimanche, c'est même pas triste. C'est comme ces pluies ternes de début-décembre. Foutez nous un orage, donnez nous un plein soleil, mais pas ce temps gris et morne, oscillant entre le froid et le très froid, et ne sachant pas trop quoi faire de son vent.
Je découvre de nouvelles musiques, elles s'emparent de ma chambre trop éclairée ( là, j'éteins la lampe à ma gauche), et elles enjolivent mes heures solitaires. Minitorrent a lâché, et pour le dire vite et bien, j'suis vener. Demain, je vis une experience qui risque d'être passionnante, Mulholland Drive au cinéma, accrochez vos ceintures, ça va rêver . Je suis à court d'idée, je suis à court d'esprit. Ma semaine, eh bien, ma semaine elle fut sympathique, pleine de pluie et d'amis, d'amour et d'eau fraîche, ce genre de trucs. Bon, on m'oblige à aller manger, j'ai même pas faim, je reprends tout à l'heure. La dictature de la salle à manger.
Gavé de pizza, tellement que j'en ai mal au ventre, je reprends. Je suis amoureux. Très amoureux, d'une fille aux yeux bleus. Gaaa, dirait elle, et elle aurait raison. J'attends un appel d'elle. Il devrait arriver bientôt, comme le soleil après une longue nuit d'hiver. Aujourd'hui, enfin c'était hier, alors que, frustré par une journée qui s'annonçait sympa mais qui ne le fut pas, je me baladais sur l'avenue, le coeur ouvert à l'inconnu, une idée, comme un oiseau tombé du ciel venu se poser doucement sur mon épaule meurtrie, me vint à l'esprit. C'était l'idée d'une nouvelle qu'il pourrait être drôle d'écrire, mais il faudrait du talent, qualité qui me fait défaut, si vous me pardonnez l'expression. Dernièrement, j'ai voulu écrire, souvent, j'ai même voulu commencer un roman. Mais il me fallait des personnages, je n'avais que des virgules et quelques points, alors j'ai laissé tomber. C'est l'histoire d'un rien, en fait.
J'aimerais, on aimerait peut être, errer sans haine, sans peur et sans but, sur les grandes avenues des métropoles, zigzager sous les néons des lampadaires, courir sur les boulevards, grimper la tour d'argent, s'imaginer plus loin, s'imaginer plus tard, trop tard, trop loin, compter les secondes, compter les minutes, vouloir les retenir, pour mieux les laisser s'échapper.

Tu me manques, j'aime te lire, et je t'aime voilà .
RépondreSupprimerEt pourquoi Eliott a le droit à des commentaires et pas moi ? :(
RépondreSupprimerC'est triste.